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  • L'ÉGLISE ROMANE SANTA MARIA ASSUNTA
  • L'ÉGLISE SAINT FRANÇOIS
  • LE COUVENT SAINT FRANÇOIS
  • ÉGLISE SAINTE CROIX
  • LE CLOCHER
  • SAINT THOMAS, SAINT ERASME

    Des trois principales églises qui existent à Canari au hameau de Piève, la plus caractéristique est sans contre dit, l'église piévane SANTA-MARIA-ASSUNTA.
    De style roman, construite par les pisans vers la fin du 12ème siècle, elle était, avant sa transformation aux environs du 18 ème siècle, à nef unique terminée à l'est par une abside semi-circulaire qui a été abattue pour agrandir le choeur.
    La nef réalisée en dalle de schiste vert, soigneusement appareillées, provenant d'une carrière proche, a été défigurée par la construction de deux chapelles latérales, l'agrandissement de l'abside, la construction d'un nouvel autel entre la nef et le choeur, et l'ouverture d'une large fenêtre au dessus de la porte principale.
    La toiture de pierre du pays ( TEGHJE est supportée par une forte charpente apparente en bois, qui a défié les siècles. Si nous avons fini par découvrir la carrière d'où furent extraites les pierres taillées, nous ignorons par contre, la provenance de ces énormes poutres de pin, et nous ne pouvons en les admirant, ne pas songer aux innombrables difficultés qu'ont dû surmonter les bâtisseurs pour les transporter à pied d'oeuvre.
    Comme toutes les églises romanes, la nef est décorée d'une corniche soutenue par de petites arcatures qui comportent également des masques humains, et des têtes d'animaux. Ses façades latérales sont percées d'étroites fenêtres meurtrières. Le linteau de la porte principale est décoré d'une frise et repose sur deux consoles gravées de masques humains. Le tympan a été crépi.
    Dans la façade ouest et à droite de la porte, se trouve une pierre réutilisée représentant deux personnages aux mains ouvertes : entre eux, on distingue une sorte de disque. Il pourrait s'agir vraisemblablement, selon le père Mongolfier, ancien curé de la paroisse, d'une représentation naïve du péché originel (Eve offrant la pomme à Adam)Ses deux façades comportent des inscriptions du 15 ème siècle.
    Sur la façade nord, on peut voir un petit château à trois tours crénelées, il s'agit sans doute, de la représentation du château médiéval des seigneurs du fief de Canari.
    Sur la façade ouest de la chapelle nord, se trouve un étrange bénitier en pierre anormalement haut placé, selon la tradition orale, il était réservé uniquement au seigneur de Canari qui pouvait ainsi se signer lorsqu'il passait à cheval.
    Sur la même chapelle on peut voir une pierre réemployée, encadrée de masques préromans, portant une inscription latine de 1455 faisant allusion à un événement inconnu.


    Hoc opus fecit fieri frater Iacopus Romanus predicator propter miraculum quem fecit nascere super lapidem triticum M°CCCCLV.
    Cette inscription a été exécutée sur l'ordre de Jacques de Rome, de l'ordre des frères prêcheurs, en souvenir d'un miracle qu'il avait opéré en faisant pousser le blé sur la pierre, en l'an mille quatre cent cinquante cinq.
    Transcription: Silio Scarfatti, Directeur des études médiévales à Pise.

    Devant la porte principale, de trouve au ras du sol, une large dalle de pierre sur laquelle on est contraint de marcher pour entrer à l'église. Selon la tradition orale et le récit du célèbre chroniqueur GIOVANI DELLA GROSSA, il s'agirait de la sépulture de Napoléon de Gentile, fils naturel de Vincent de Gentile, seigneur de Canari, condamné à mort par le sénat de Gènes et décapité à Canari, pour avoir, le 14 août 1491 poignardé son jeune frère, héritier du fief, au cours d'une partie d'échec, pour une question de partage. ( Voir cahier Corsica 142,143 1991 - fief de Canari).
    C'est sur la place de Santa Maria Assunta, le soir du jeudi saint, après l'office des ténèbres célébré à Sainte Croix, que tous les confrères en habits et cagoules, suivis de la population, fait " A Granitola", cette mystérieuse procession circulaire qui s'enroule lentement en spirales, puis après s'être agenouillée au pied de la croix, se déroule à l'envers et monte à Saint François, en chantant les litanies, visiter le sépulcre.
    Cette cérémonie, courante dans le monde méditerranéen antique et moderne, symbolisait le retour à la source de vie, et le déroulement de l'existence jusqu'à la mort-renaissance.
    Santa Maria demeure pour les canarais, l'église paroissiale, le fleuron de leur patrimoine religieux, et l'un des plus hauts lieux de leur histoire et de leur culture. C'est pour cela que la fête du 15 août, en l'honneur de la Vierge, se déroule toujours, depuis plus de 8 siècles avec autant de ferveur.

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    L'église conventuelle Sain François était l'une des plus grande du diocèse du Nebbio, elle fût fondée en 1506, comme le couvent, et est devenue, après la révolution, l'église paroissiale. De style baroque on peut y voir 3 dalles de marbre classées.
    Une dalle funéraire de marbre blanc de 1590 abritant les restes d'Horatio santelli Cenci et de son épouse née Vittoria Gentile de Brando. La dalle représente cette dernière avec son bébé dans les bras, décédée en couche le samedi 7 juillet 1590.




    Une dalle funéraire en marbre de la famille Della Longa ( 1570 ) représentant le blason de cette famille : une tour et un arbre.
    Une dalle funéraire en marbre ( 1754) sous laquelle sont enterrés les moines Franciscains morts à Canari. Elle représente le symbole des Franciscains : deux bras croisés( le bras du Christ et celui de Saint François) surmontés d'une croix. A l'intérieur le maître autel, le choeur, la sacristie, des retables et tableaux et une statuette en marbre de Saint Roch ...

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    L'église sainte croix, construite aux environs du 16 ème siècle appartient toujours à la confrérie Sainte Croix. Les confrères ( on les appelait les pénitents blancs ou flagellants ou Battuti ou ordinati di Santa Croce )

    Les confrères se font volontiers représenter sur les oeuvres qu'ils commandent. ( le panneau représentant le Christ habillé en Franciscain et entouré de pénitents blancs a peut être été commandé par eux) Également, le linteau sculpté du 16 ème siècle au dessus de la porte latérale ( linteau classé)
    Les peintures du plafond ont été réalisées à la fin du 19 ème siècle par un peintre Italien inconnu.
    A l'extérieur vous pouvez voir le linteau ( voir plus haut), le tableau de la porte d'entrée et l'ancien corbillard dans son garage.

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    Le clocher ( U Campanile) se trouve au centre de la commune de
    Canari à 325 mètres d'Altitude. Construit comme un phare sur son rocher, le clocher de couleur blanche est parfaitement visible de la mer et constitue pour les marins un amer remarquable mentionné sur les Instructions Nautiques.
    Nous n'avons pas, à ce jour, retrouvé de document concernant les origines et l'histoire du clocher à travers le temps. Nous connaissons toutefois les années de fabrication des deux cloches ( 1712 pour la première et 1817 pour la seconde)
    Nous pouvons raisonnablement penser, sous réserve de vérifications, que le clocher de Canari est sensiblement contemporain de celui de Barrettali ( commune voisine ). ce dernier a été construit vers 1615 par Maestro Francesco Marengo, qui aurait réalisé entre autre, le décor du choeur et les deux autels des chapelles latérales de Santa Maria Assunta. (cf. La Cronica . Janvier 1998)
    Le clocher fait 4,70 mètres de largeur de côtés,
    1,15 mètres d'épaisseur de murs pour une hauteur de 15 mètres.
    La rénovation complète du clocher c'est achevée en 2000.

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    Dans le Hameau de Marinca la chapelle Saint Thomas a une nef unique. La chapelle latérale dédiée à San Teramo ( Saint Erasme) est de construction plus récente et a sans doute remplacé, l'ancienne chapelle du même nom située au bord du chemin muletier Marinca-Scala tombée en ruine.
    En 1124 une église préromane, San Tomasu di Marinca, avait été cédée par l'évêque du Nebbio aux bénédictins de la Gorgona, c'est en souvenir de celle-ci que l'on a refait la chapelle classique actuelle. L'on peut y voir, un tableau d'autel du 17 ème siècle ( classé M.H. ), un trône d'exposition de la fin du 18 ème siècle ( classé M.H. ), de nombreux ex-voto marins, des lanternes de confrérie, une dalle d'autel ( 1460 ) retrouvée il y a quelques décennies sous le pavement.
    Chaque année au mois de juillet les Marincais honorent Saint Thomas et Saint Erasme par une messe suivie d'une procession et d'une rencontre conviviale.

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